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Le saviez-vous ?

La monoparentalité handicape

Directeur du Centre interdisciplinaire méditerranéen d’études et de recherches en sciences sociales (Cimerss) et professeur à l’université paul-Sabatier de toulouse, le sociologue Gérard neyrand observe, à travers le prisme du genre, de la conjugalité, de la place des enfants et de la parentalité, les mutations de la structure familiale.

Quelle définition donnez-vous à la monoparentalité ?

Au sens strict, la famille monoparentale se définit du point de vue de l’enfant, quand il est élevé par un seul parent. Dans la plupart des cas, c’est le foyer ou la résidence qui deviennent monoparentaux, après un divorce ou une séparation. S’il y a résidence alternée, l’autorité parentale (depuis les lois de 1987 et 1993) reste partagée. Ce sont des monoparentalités alternées si l’on veut. Qualifier une famille monoparentale quand l’autre parent est vivant peut avoir des effets négatifs sur celui-ci, qui ne se sent plus reconnu.

Pour quelles raisons y a-t-il de plus en plus de familles monoparentales ?

Le taux de divorce était de 5 % en 1900. Et en 1970 de 10 %. En soixante-dix ans, il a crû lentement, à une époque où l’on ne pouvait divorcer que pour faute et où le divorce était très stigmatisé. À partir des années 1980, et ses conditions assouplies par la réforme de 1974, le divorce dépasse les 30 %, pour arriver de nos jours à 50 % de divortialité. Aujourd’hui, on vit en union libre, pacsé ou marié, et 60 % des enfants naissent hors mariage. Le nombre de foyers monoparentaux n’a plus cessé d’augmenter depuis

Et les femmes sont plus nombreuses à la tête de ces foyers…

Selon les statistiques, il y a environ 20 % d’enfants en résidence alternée, 12 à 13 % en résidence chez le père, et donc le reste, 67 à 68 %, chez la mère. Les pères sont un peu plus nombreux qu’avant à élever leurs enfants, et notamment grâce à la résidence alternée. Autrefois, la résidence revenait à la mère dans 90 % des cas.

Quelles sont les difficultés rencontrées par le parent seul ?

La surcharge en travail et l’absence de temps libre. Beaucoup sont très fatigués, à la limite du burn-out. Un autre souci tient à la garde des enfants en bas âge. Il y a donc un cumul de difficultés dans les situations monoparentales. La monoparentalité est une sorte de handicap social. Le parent qui élève seul son enfant sacrifie sa vie personnelle. Les recompositions familiales sont beaucoup plus fréquentes lorsqu’il y a résidence alternée ou lorsque le parent n’a pas la résidence de l’enfant. Il y a un très fort investissement du parent unique sur l’enfant qui vit avec lui au détriment de sa vie personnelle. Au détriment de sa carrière aussi et de ses revenus. Beaucoup de femmes en situation monoparentale n’ont pas d’emplois très rémunérateurs. Plus du tiers des femmes monoparentales sont en précarité économique et vivent en dessous du seuil de pauvreté. C’est le double de la statistique nationale.

De quelles aides pourraient bénéficier ces familles ?

Il y a peu de temps, il existait l’allocation de parent isolé (API). Aujourd’hui, cette aide est intégrée au RSA. À partir des années 80, l’État a apporté un soutien aux situations monoparentales, mais il est insuffisant compte tenu de leur nombre. Quelques mesures spécifiques n’ont pas suffi à compenser la pauvreté croissante dans ces familles. Les compensations n’ont enrayé que partiellement les difficultés économiques des situations monoparentales, notamment celles des femmes.

Propos recueillis par Jacques Duffaut

Source : https://www.secours-catholique.org/

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